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Dans le cadre d’un échange sur la thématique de la Campagne mondiale pour l’éducation 2011 et de la préparation de la Lettre de Solidarité Laïque du mois d’avril, nous avons eu le plaisir de recevoir dans nos locaux, le 15 mars 2011, Shoukria Haïdar, Présidente de l’association NEGAR – Soutien aux femmes d’Afghanistan. Elle est venue accompagnée de Chantal Véron, trésorière et responsable du comité local de Besançon de cette association, et de Patricia Lalonde, de l’association MEWA Solidarité Panjshir.[1]
Parmi les sujets traités pendant la discussion, nous avons retenu trois points principaux :
- L’éducation des filles. En Afghanistan, les filles afghanes ont des difficultés à suivre / terminer leurs études à cause de l’insécurité sur le chemin de l’école
provoquant que les parents préfèrent souvent les garder à la maison. Par exemple, les filles vivant à la campagne terminent l’école primaire mais ne peuvent pas aller au collège, situé en général
loin de la maison. Si elles ont la chance de terminer le collège, parfois elle ne peuvent pas assister au lycée, et ainsi de suite…
Les garçons n’ont pas ce problème car il n’y a pas de danger pour eux, cependant, lorsque les distances à parcourir sont longues et qu’il n’y a pas de transports, ils risquent aussi leur vie en
devant marcher des heures sous le soleil (Shoukria et Chantal nous ont expliqué qu’il y a déjà eu des cas d'enfants morts).
Le problème de transports concerne également les enseignantes femmes. Souvent, elles sont obligées à louer une voiture à plusieurs pour pouvoir aller travailler loin de leur domicile, dépense qui est amortie par leur propre salaire.
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Les chiffres En Afghanistan, sept millions d’enfants environ ne sont pas scolarisés. [2] Selon l’UNESCO, il y a 66 filles scolarisées pour 100 garçons[3]. Cependant, à la campagne, 92% des filles ne vont pas à l’école et 85 filles sur 100 n’accèdent pas à l’école secondaire.[4]
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- L’éducation de qualité. Etant donné que la formation d'enseignants a été complètement négligée par les politiques éducatives et qu'elle reste de loin une priorité pour l'Etat, l'Afghanistan a besoin de professeurs de qualité. « Aujourd’hui le vrai combat, c’est l’école et non plus les Talibans » signale Shoukria Haïdar. Ce manque d’éducateurs qualifiés peut être constaté à tous les niveaux de l’enseignement, y compris l’EPS.
- L’éducation de la petite enfance. Les kodakistans (« territoire des enfants » en persan, sorte de crèche-maternelle) manquent de moyens humains et matériels pour subsister : le personnel est très peu formé et les enfants, surtout les plus petits, manquent de matériel (jeux pédagogiques, jouets…). Les classes se composent d’enfants de différents âges mais le programme suivi ne concerne que les plus grands. Cela a comme conséquence que les petits se retrouvent plutôt dans des structures type garderie ne leur fournissant aucun apprentissage.
A la fin de l’interview, Shoukria Haïdar, Chantal Véron et Patricia Lalonde ont signé le Manifeste pour l’éducation des femmes et des filles.
Merci à elles pour leur engagement !
Pour plus d’informations, ne manquez pas l’interview de Shoukria Haïdar sur le numéro d’avril 2011 de la Lettre de Solidarité Laïque à télécharger ici.
Shoukria Haïdar et Chantal Véron
© Solidarité Laïque
[1] Mobilization for Elected Women in Afghanistan. MEWA fait partie du Programme d'éducation concertée en Afghanistan, établi par Solidarité Laïque avec l'aide du Ministère de l'Éducation et du Ministère des Affaires étrangères.
[2] Back to school ? The worst places in the world to be a school child in 2010, Campagne Mondiale pour l’Education, 2010, p. 5.
[3] Résumé du Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2011, La crise cachée : les conflits armés et l’éducation, Unesco 2011, p. 15.
[4] Back to school ?The worst places in the world to be a school child in 2010, Campagne Mondiale pour l’Education, 2010, p. 25.