L'Education Pour Tous

Mercredi 30 avril 2014 3 30 /04 /Avr /2014 10:39

Tous les mois, l'association des Français du Monde (ADFE) propose une chronique Internet à Solidarité Laïque. Ce mois ci, le relais français de la Campagne mondiale pour l'Education décide de demonter une idée reçue sur l'éducation :  

Idée reçue numéro 1 : « Avoir accès à l’éducation, cela veut juste dire apprendre à lire et à écrire ». 

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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 19:40

 

"La création de systèmes d'éducation réellement inclusifs serait la garantie d’une éducation de qualité offerte à tout le monde" Caroline_Pearce.jpg

 

Caroline Pearce est la coordinatrice de la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), depuis août 2013 au siège de l’Alliance, à Johannesburg.

Elle répond à nos questions sur l’éducation inclusive, thème de la mobilisation mondiale de cette année, et sur ces enjeux d’équité inhérents à la question fondamentale du Droit à l’éducation.

 



 

1- La CME a retenu pour thème d’action en 2014 l'éducation inclusive et les liens entre l’éducation et handicap.

Pouvez-vous nous en expliquer le sens / les enjeux pour le mouvement de la CME ?

 

Ce choix de l'éducation inclusive et le handicap, décidé par les membres de la CME lors de la dernière Assemblée mondiale en 2011, est le reflet du sentiment partagé par notre mouvement que nous ne pouvons pas obtenir le droit à l'éducation pour tous, sans un accent particulier porté aux enfants les plus marginalisés. L'un des principes fondateurs de la CME est que tous les enfants ont le droit à une éducation de qualité. Mais même si des membres de la CME ont pu constatés des progrès visibles de l’universalisation de l’éducation au cours de ces 10 à 15 dernières années – en particulier une forte progression vers l'éducation primaire universelle - certains enfants restent systématiquement laissés pour compte.  En particulier, les centaines de millions d'enfants en situation de handicap à travers le monde qui risquent plus que les autres enfants de ne jamais entrer à l'école, ou si ils y entrent, ils ont plus de probabilités d’abandonner tôt ou de recevoir une éducation de mauvaise qualité qui ne répond pas à leurs besoins.

 

C'est pourquoi nous avons choisi de faire la lutte contre la discrimination dans l'éducation l'un des trois piliers de notre plan stratégique, et se concentrer notamment sur ​​le handicap en 2014, notamment par le biais de la Semaine mondiale d'action. Aussi car c’est un domaine investi fortement par certains membres de la CME - y compris ceux dans les pays où la majorité des enfants handicapés sont exclus de l’éducation - et nous avons pensé qu'il était temps de lui à cet enjeu plus de visibilité.

 

L’éducation inclusive est pour nous une réponse à cette exclusion massive des enfants en situation de handicap de l'enseignement de qualité. Elle est en parfait accord avec  notre approche fondée sur les droits. Respecter, protéger et réaliser les droits des individus, et le droit à l’éducation pour Tous doit rimer avec égalité et non-discrimination. Un système d'éducation véritablement inclusif serait celui qui non seulement ne laisse personne à l’écart, mais aussi incarne ces principes des droits de l'homme.

 

2- Pouvez- vous nous présenter la publication récente de la CME « égalité des droits, égalité des chances " réalisée en partenariat avec l’équipe internationale de Handicap International. Comment la CME souhaite s’en emparer pour son travail de plaidoyer ?

 

La CME est un vaste mouvement. Nous pensons qu’en réunissant les différentes parties de la société civile pour agir collectivement - aux niveaux national, régional et mondial - nous pouvons porter une voix plus audible, plus forte et avoir un impact plus grand pour la réalisation de notre mission.

Cela signifie également que nous travaillons très étroitement avec nos membres et avec d'autres alliés dans toutes nos campagnes. Pour cette campagne, nous avons établi un partenariat avec Handicap International qui a une expertise particulière sur les questions d'éducation inclusive et qui nous soutient pour cette campagne thématique. D’autres membres de la CME ont contribué à ce rapport en s'appuyant sur leur propre expérience dans la défense des droits à l'éducation des enfants handicapés.

 

Le rapport lui-même dresse, pour la première fois pour la CME, une position collective et détaillée sur le handicap et l'éducation inclusive.

Il comprend un ensemble complet de demandes politiques et de recommandations que les membres peuvent adapter à leurs contextes nationaux. Le rapport contient des faits utiles et des chiffres,  les membres peuvent y puiser des études de cas, des messages de campagne clairs L'objectif principal de ce rapport est d'aider les membres à porter leurs actions de sensibilisation avant, pendant et après la Semaine mondiale d'action. Il peut être utilisé à la fois comme un outil de plaidoyer direct (la coalition CME du Royaume-Uni, par exemple, l’a utilisé dans son plaidoyer avec le gouvernement sur l'examen de la prise en compte du handicap dans la politique de développement) ou comme une source d'informations ou de positionnement politique sur le sujet.

 

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Light for the World, membre international de la CME.

Des enfants en classe s’entraident. École inclusive pilote à Sucre, en Bolivie. 30 % des élèves de cette école sont en situation de handicap. (Partenaire local : Escuela Taller de Integración).


 3- Comment définir l'éducation inclusive ? La notion d'inclusion est encore trop souvent associée aux enfants ayant des besoins spéciaux, ou à des dispositifs spécialisés. Pourquoi ?

Quelles sont les priorités pour réaliser l'EPT et d'encourager l'intégration de tous les élèves dans le contexte de l'après 2015 ?

 

La CME définit « l'éducation inclusive » comme la possibilité pour tous les enfants de s'instruire ensemble dans des classes « normales » de leur localité ou leur communauté, quels que soient leurs capacités ou leurs handicaps, à l'aide de méthodes d'enseignement, de matériels pédagogiques et d'un environnement éducatif qui répondent aux besoins de toutes les filles et les garçons. De cette façon, l'éducation inclusive favorise la participation et surmonte les obstacles à l'apprentissage.  

 

Nous voyons le principe fondamental qui sous-tend les approches inclusives comme celui qui déplace le curseur de l'identité particulière d'un enfant ou d’un adulte à l’ensemble du contexte social et éducatif. L'éducation inclusive favorise des changements dans l'ensemble du système d'éducation et dans les communautés, afin de s'assurer que le système d'éducation s'adapte à l'enfant, plutôt que d'attendre de l'enfant qu’il s'adapte au système.

 

De toute évidence, cela est particulièrement important pour les enfants handicapés, souvent perçus comme « un problème » du  fait de leur handicap ; mais l'inclusion est tout aussi pertinente pour tous les autres apprenants marginalisés, tels que, par exemple, ceux issus de milieux culturels minoritaires. Nous devons faire en sorte que l'éducation réponde aux besoins de tout le monde, aussi. Et le succès dans la création de systèmes d'éducation réellement inclusifs serait la garantie d’une éducation de qualité offerte à tout le monde. Ce qui signifie que l'éducation inclusive est une nécessité pour ​​chaque enfant et adulte apprenant, pas seulement pour les personnes en situation de handicap ou avec des besoins particuliers.

 

Bien sûr, l'établissement d'un système d'éducation inclusif est un processus qui prend du temps. La finalité devrait être l'inclusion, mais pour y arriver, les écoles spécialisées et les écoles inclusives doivent coopérer, et les gouvernements doivent favoriser l'inclusion et veiller à ce que l'expertise des enseignants spécialisés soit partagée.

 

Nous voulons nous assurer que les cadres de développement « post 2015 » (OMD/ODD ; EPT…) prennent ces questions beaucoup plus au sérieux. La CME demande un nouvel objectif pour l'éducation plus global et fondé sur les droits et la poursuite d'un cadre EPT revitalisé et amélioré pour répondre à tous les objectifs. Il doit avoir une orientation beaucoup plus spécifique sur l'équité que nous l’avons vu dans les OMD ou le Cadre d'action de Dakar. Il s'agira notamment de veiller à ce que les progrès vers les objectifs soient suivis non pas uniquement pour les apprenants pris « comme un tout», mais aussi pour les élèves handicapés, les filles et les femmes, les communautés les plus pauvres et d'autres groupes marginalisés. Nous devons nous assurer que, dans les cadres qui guident notre action mondiale sur l'éducation à l'avenir , les apprenants handicapés ne soient pas laissés sur le côté ou pire considérés de manière invisible que nous ne pussions même pas constater si ils sont laissés pour compte ou pas.

 

 

 

Avec suffisamment de volonté politique et de veille citoyenne, nous pouvons offrir à tous le droit à l'éducation : notre attention actuelle et à venir sur le handicap et l'éducation inclusive est une façon d’accomplir une partie du chemin vers cette réussite.


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Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 11:44

 

Une nouvelle vidéo sur « l’éducation post conflit au Mali » sur la Web EDU TV, web-edu.tv, dont nous sommes partenaires, nous interpelle sur un enjeu majeur de l’éducation pour Tous : les situations de conflits, post conflits.


Pour des millions d’enfants dans le monde affectés par les désastres et les crises, le droit à l'éducation reste une promesse non tenue: 28 millions d’enfants sont non scolarisés dans les pays frappés par les conflits (UNESCO, 2011). Ils représentent la moitié des exclus de l’éducation de part le monde.


Lorsque les conflits atteignent les populations civiles, les effets sur les enfants et les systèmes éducatifs sont immédiats, en détruisant les infrastructures scolaires, affectant la scolarité d’enfants et déplaçant les familles d’élèves et les éducateurs mais aussi en aggravant l’insécurité et la paupérisation des familles.

Selon l’UNESCO, qui a dédié son rapport mondial de suivi de l’EPT de 2011 au sort des enfants et des élèves dans les pays en conflits :

- par rapport à l’ensemble des pays à faible revenu, la probabilité qu’un enfant ne soit pas scolarisé au primaire est multipliée par trois dans les États fragiles ou en situation de conflit.

- -   - les taux de scolarisation au secondaire y sont inférieurs de près d'un tiers.

- -   - les taux de mortalité infantile y sont deux fois supérieurs à ceux des autres pays. 

 

 Pire l’école, l’institution scolaire, notamment parce qu’elle représente l’Etat, est souvent la cible des violences dans les conflits armés, comme au Nigeria ou au Mali. Elle peut être « une fabrique », un lieu pris au piège par la propagande et source de recrutement de futurs soldats.

 

L’éducation est primordiale pour le retour à la paix, le processus de reconstruction d’un pays. On considère maintenant qu’il est crucial d’inclure l’éducation dans la planification et la mise en œuvre des interventions humanitaires. En effet, le retour à l’école même en situation de crise ou de post crise permet un retour à une forme de «  normalisation » pour les enfants et permet de les protéger, physiquement, psychologiquement et socialement (notamment contre les trafics, l’exploitation économique, l’enrôlement forcé…). Elle donne un cadre stable, une structure et de l’espoir pour et dans l’avenir.

 

Plus durablement, une éducation de qualité contribue directement à la stabilité sociale, économique et politique des sociétés. Elle participe à réduire le risque de conflit violent en renforçant la cohésion sociale et en contribuant à la résolution des conflits et à l’édification de la paix.

 

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Un défi : le financement de l’éducation en situation de crise

L’éducation dans les États fragiles et ceux touchés par le conflit souffre d’un sous- financement notable : ces pays reçoivent près de 4 fois moins d’aide à l'éducation de base par enfant en âge d’aller à l’école primaire que les autres pays à faible revenu. Se renvoient souvent dos à dos aide internationale humanitaire ou d’urgence et aide sectorielle à l’éducation. 

Aujourd’hui, le Partenariat mondial pur l’éducation, seul fonds multilatéral pour l’éducation en fait une des ses priorités : notamment en allouant des fonds supplémentaires aux États fragiles ou en situation de conflit et en essayant d’améliorer la prévisibilité de ces financements. 

 

 

Guerre au Mali : 2 ans déjà – plus d’un million d’enfants toujours exclus de l’éducation !

 

Voir le film : Rentrée scolaire 2013 post conflit au Mali 

Aujourd’hui, au Mali, toujours plus d’un million deux cent mille enfants ne sont toujours pas scolarisés depuis la crise sociopolitique et sécuritaire majeure de janvier 2012. Ce court webdocu montre avec force les impacts de la crise sur le système éducatif malien mais aussi, comment aujourd’hui l’école malienne relève le défi de la normalisation malgré l’occupation et de la suspension de l’aide internationale.

 

 

 

 

 

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