Partager l'article ! Les revendications 2011 : pour une éducation de qualité pour Toutes et Tous!: A 4 ans de l’échéance pour la réalisation des objectifs de l ...
A 4 ans de l’échéance pour la réalisation des objectifs de l’Education pour Tous (Recommandations du Forum Education pour tous de Dakar en avril 2000) où la communauté internationale avait promis « qu’aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l’EPT ne verra ses efforts contrariés par un manque de ressources » (Art. 10 du cadre de Dakar), de larges déficits de financements entravent encore la réalisation à 2015 des promesses. En outre la crise financière a encore réduit les marges de manœuvre notamment des pays à faibles revenus impactant les ressources domestiques à investir dans l’éducation (les gouvernements sont encouragés à investir 6% du PNB et 15 à 20% des dépenses publiques). Les filles, les populations les plus fragiles en sont les premières victimes.
En adéquation avec les revendications internationales de la Campagne Mondiale pour l’Education aux institutions internationales,
► Nous demandons au gouvernement français de:
1. Tenir ses engagements de financement:
- En honorant les engagements de l’Aide Publique au Développement et en la rendant prévisible à long terme et transparente pour permettre aux gouvernements d’élaborer des politiques publiques à long terme.
- En ce sens, il est toujours nécessaire de réformer le mode du calcul du montant de l’aide pour l’éducation afin de pouvoir réaliser les objectifs de l’EPT : les coûts imputés aux étudiants étrangers en France et l’aide aux TOM, entre autres, ne devraient plus figurer dans le montant de l’aide !
« En matière d’éducation, qui absorbe près d’un quart de l’APD bilatérale, seule une part modeste des activités contribue au renforcement des systèmes éducatifs dans les pays en
développement. » (examen de la France au CAD , OCDE, mai 2004)
- En respectant le versement annuel de sa quote-part (ou principe d’aide « fair share » fondée sur le partage de l’aide et sur le RNB : les donateurs doivent mobiliser annuellement 16 milliards de dollars US (11,4 milliards d’euros) en mesures additionnelles) pour réaliser le programme complet de l’Education Pour Tous.
- Confirmer ses engagements financiers (50 millions d’euros entre 2011 et 2013) et son soutien à la réforme de l’Initiative de mise en œuvre accélérée de l’Education (IMOA ou Fast-Track Initiative) et son extension à l’ensemble des objectifs de l’Education Pour Tous sur la base des 6 recommandations de Dakar, en mettant l’accent sur l’égalité entre les sexes et sur la qualité de l’éducation. Soutenir son ouverture à la société civile dans les processus de l’Initiative au niveau des pays, et d’assurer immédiatement le renflouement de l’initiative Fast-Track pour face aux nouvelles demandes de 36 pays en 2011 et 2012.
- Confirmer la réussite du financement à totalité de 8 millions d’enfants en Afrique Subsaharienne ou l’échéance de l’initiative franco- britannique (promesse du chef de d’Etat Monsieur Sarkozy du 27 mars 2008 avec Monsieur Brown, réitérée en 2009 pour la scolarisation de 16 millions d’enfants d’ici en 2010)
2. Plus précisément en lien avec la thématique de la Campagne 2011 :
- Diriger son aide vers des régions et des pays où des nombreuses filles sont exclues de l’éducation et désavantagées par rapport aux garçons.
Objectif EPT n° 5 fixé à Dakar et OMD 3 : «Instaurer l'égalité dans ce domaine d'ici à 2015 en veillant notamment à assurer aux filles l'accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite ».
L’objectif d’égalité des sexes est plus important que celui de la parité, qui représente une étape cruciale en direction de l'égalité.
- Soutenir les pays qui développent des plans sectoriels éducatifs incluant explicitement des initiatives en faveur de l'éducation des femmes et des filles, tant dans le cadre scolaire qu'au-delà : en particulier à travers l’allocation de bourses, l’abolition des frais de scolarité primaire et secondaire, l’amélioration de la sécurité des écoles (sanitaires, trajets, cantines etc.), le travail sur les contenus et les programmes, le recrutement d’enseignantes…
- Développer l’aide à l’alphabétisation des adultes tout en donnant la priorité aux programmes d’alphabétisation des femmes.
On sait à quel point l’alphabétisation des adultes est importante pour améliorer les taux de scolarisation et la qualité de la formation primaire. Or la France consacre très peu voire plus du tout de moyens à l’éradication de l’analphabétisme des adultes, et délaisse la question du post primaire (formation professionnelle, insertion des jeunes dans la vie active…) car elle consacre les crédits sur d’autres domaines notamment l’OMD no. 2. Une vision globale, cohérente est nécessaire.
- Soutenir les politiques éducatives mettant l’accent sur la qualité de l’éducation en réaffirmant le rôle central des éducateurs dans la promotion et la réalisation de cette éducation de qualité : plus de 9 millions d’enseignants doivent être recrutés et formés pour atteindre l’objectif d’éducation primaire universelle d’ici à 2015.
Les institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) doivent tenir compte dans leurs financements de la nécessité de reconstruire un corps enseignant professionnel au lieu de décourager les enseignants au nom de la réduction des coûts ou de recourir à des para-enseignants (dont le niveau d’éducation et de formation professionnelle ne satisfait pas aux normes de la profession). Il y a un prix à payer pour atteindre les objectifs d’accès et de qualité !
► Appel à tous les pays, aux dirigeants et aux sociétés civiles :
Globalement, il important de promouvoir une Education de Qualité pour Toutes et pour Tous, en insistant sur :